Conseil municipal  du 5 mars 1820

         L’ an mil huit cent vingt le cinquième jour du mois de mars à huit heures du matin, le conseil municipal de la commune de Pluneret étant assemblé en vertu d’autorisation de mr le Sous-préfet d' arrondissement en date du 22 février dernier a voté à Sa Majesté Louis XVIII l’adresse suivante :

                            à sa Majesté très chrétienne Louis XVIII

                                                                  Sire

        Les maire, adjoint et les membres du conseil municipal de la commune de Pluneret touchés de l’affreux attentat commis sur la personne de Mgr le Duc de Berry et partageant la douleur que cet événement fatal cause à votre  majesté, ont l’honneur de vous témoigner celle qui pénètre le cœur de tous les habitants de cette commune.

         Votre rétablissement sur le trône de vos pères nous a fait sentir les douceurs d’une tranquillité après laquelle nous soupirions depuis longtemps, mais nos vœux ne seront jamais accomplis que nous n’ayons vu la couronne consolidée dans votre auguste famille.

         Appris pendant la révolution à défendre la cause de l’autel et du trône, nous ferons toujours tous nos efforts pour leur soutien et ne perdrons jamais de nos cœurs le serment de fidélité que nous avons fait à votre majesté

         Nous avons l’honneur d’être avec une profonde soumission,

                   Sire,

                   de votre Majesté

                                                        les très humbles et très obéissants serviteurs

                                                                  Le Barh, maire

 

 

POUR EN SAVOIR PLUS sur l’assassinat du duc de Berry le 13 février 1820

Le soir du 13 février 1820, à Paris, un spectateur s'écroule sur les marches de l'Opéra, alors installé salle Montansier, rue de la Loi (aujourd'hui square Louvois).
Le duc de Berry vient d'être frappé d'un coup de couteau à la poitrine par un ouvrier cordonnier, Louis Louvel. Il a la force d'arracher lui-même la lame mais tombe aussitôt en syncope et meurt peu après.

La victime est le neveu du vieux roi Louis XVIII et le fils du comte d'Artois, le futur Charles X. C'est la seule personne susceptible de donner un héritier à la famille royale.

L'assassin est un républicain fanatique qui a voulu éteindre par son geste la dynastie des Bourbons. Son crime suscite dans le camp royaliste une émotion immense que n'apaisera pas son exécution.

Les ultra-royalistes dénoncent les idées libérales et la Charte constitutionnelle. Ils donnent libre cours à leur colère et s'en prennent au président du Conseil, Decazes, qu'ils accusent de laxisme. Le vicomte de Chateaubriand, écrivain célèbre, n'hésite pas à écrire : «Le pied lui a glissé dans le sang».

Le 20 février, le duc Élie Decazes remet sa démission au roi, au grand regret de celui-ci. Il est remplacé par le comte Jean-Baptiste de Villèle, ancien maire de Toulouse et représentant des ultras. C'en est fini des tentatives de conciliation entre la monarchie constitutionnelle et la gauche libérale.

La censure est rétablie et la loi électorale réformée au profit de la bourgeoisie conservatrice. L'opposition libérale ne trouve plus à s'exprimer que dans les conspirations secrètes comme la Charbonnerie.

Peu après l'assassinat de l'héritier royal, l'espoir renaît chez les Bourbons. On apprend en effet que l'épouse du malheureux duc de Berry est enceinte ! Le 29 septembre 1820, Marie-Caroline de Bourbon-Sicile donne le jour à un fils posthume, Henri, duc de Bordeaux.

Les poètes Alphonse de Lamartine et Victor Hugo joignent leur jeune talent aux éjouissances qui accompagnent la naissance de cet «enfant du miracle». Une souscription publique est organisée pour lui offrir le domaine de Chambord. D'où le titre de comte de Chambord qui sera désormais le sien.

Après la révolution des Trois Glorieuses (27-28-29 juillet 1830), qui chasse Charles X et porte sur le trône son cousin Louis-Philippe d'Orléans, l'enfant, âgé de dix ans, doit suivre son grand-père dans l'exil. Élevé dans la haine de la Révolution et l'ignorance de la France, il ne saura pas saisir l'occasion qui lui sera offerte de monter sur le trône en 1871, après la chute de Napoléon III.

 

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