Commune de Pluneret

 

Compte-rendu du conseil municipal du 22 février 1846

 

         L’an mil huit cent quarante six, le vingt deux février, le conseil municipal de Pluneret assemblé extraordinairement, en vertu de l’autorisation de M. Le Sous-préfet en date du 10 février où étaient Thuriaff [voir note en bas de page] Dano maire, Guy Pérennès adjoint, Jean-Pierre Tanguy, Julien Le garrec, Joseph Marin, Jean-Marie Danielo, Pierre Le guen, Jean Le moizan, Pierre Thomas et Guillaume Kergozien faisant les fonctions de secrétaire.

         M. Le maire président de l’assemblée a donné lecture de la lettre de M. Le Sous-préfet relative à la demande faite par les habitants de Ste Anne qui a pour objet l’établissement de la mairie et de la maison d’école au village de Ste Anne.

         Les conseillers municipaux considérant que tous les enfants d’une commune ont un droit égal à participer aux bienfaits de l’instruction que leur accorde la loi et que pour atteindre ce but, c'est-à-dire, donner l’instruction sans exception aucune, aux enfans d’une commune et leur en donner toutes les facilités possibles, il est nécessaire de placer la maison d’école au point le plus central d’une commune rurale qui a ses villages disséminés sur un territoire souvent assez étendu, considérant, disent-ils, que le chef-lieu de la commune de Pluneret (le bourg) réunit toutes ces conditions, et cette commune se félicite d’avoir une circonscription aussi parfaite, en comparaison des autres communes qui l’avoisinent, les conseillers municipaux jugent qu’il serait contraire à tout principe d’équité et de convenance d’établir ailleurs la maison commune et l’école, et cela pour favoriser un seul village situé absolument sur les limites de la commune où certainement la majeure partie des enfans ne se rendraient pour l’école. D’ailleurs le passé peut donner une idée de l’avenir d’une école qui serait située à Ste Anne. En 1824 ou 25 il y eut une école tenue par un frère et l’on se souvient qu’elle ne prospérait pas et [illisible] elle n’était pas fréquentée.

         De plus ce serait rendre très pénibles les relations entre la mairie et les administrés. Cependant il en est de l’administration municipale comme de l’école. L’administration doit être toute paternelle et rendre commode l’expédition des affaires.

         Pour tendre à réaliser ces vues qui sont dans l’esprit de la loi qui a fondé les écoles primaires et qui sont aussi l’esprit de l’institution municipale, les conseillers municipaux apportent une raison toute puissante, un avantage que rien ne saurait balancer, ils offrent gratis pour bâtir la maison communale et l’école un terrain qui fait partie du domaine de la commune et qui évalué à un prix très modéré vaudrait de mille à douze cents francs situé à peine à cinquante pas du Bourg, sur le bord de la grande route d’aurai [sic] à Ste Anne.

         Ce lieu offre encore un avantage assez important, c’est qu’on y trouverait tout près et sous la main un mortier excellent ; ce qui représente une valeur d’au moins trois à quatre cents francs.

         D’autres raisons viennent militer en faveur de ce terrain, il faut pour une maison d’école un jardin convenable pour l’instituteur, ce qui est jugé en général indispensable pour un instituteur à la campagne, et aussi un préau pour la réunion des enfans, avant la rentrée des classes.

         De plus, il est aussi très bien qu’une maison d’école soit établie à une certaine distance des autres habitations. Le terrain dont il s’agit, offre complètement tous ces avantages qui sont précieux.

         Le village de Ste Anne n’offre rien de tout cela. Le terrain s’y vend fort cher et ensuite nécessité de bâtir, car on ne peut pas penser à y trouver à acheter une maison qui remplisse les conditions requises pour une maison d’école et de mairie. Il faut ajouter que ce serait y transférer par le fait même le chef lieu de la commune, et dans cette mesure, ce serait commettre une criante injustice, puisque en y bâtissant ou en y achetant une maison, on y emploierait une somme qui se prélève depuis longtemps sur tous les contribuables de la commune, mais dont une très petite fraction de la commune profiterait exclusivement : c’est donc injuste, outre que ce serait éluder en quelque sorte le but de la loi sur l’instruction primaire.

         D’après tous ces motifs fondés sur la stricte justice et de toute équité, nous conseillers municipaux forts de nos droits, nous demandons que la mairie et l’école soient établies au bourg, chef lieu de la commune. Nous avons tous résolu de ne jamais consentir à ce qu’on établisse ailleurs la mairie et l’école, bien persuadés que nous ne faisons que manifester le vœu de tous les habitants de la commune qui seraient affligés de voir sacrifier leurs intérêts les plus chers et cela en faveur d’une petite portion de la commune qui finirait par tout absorber. Ce serait en quelque sorte démembrer une commune dont la circonscription est parfaite.

         L’école déjà subsistante au bourg, quoiqu’elle soit établie de manière un peu irrégulière est de bon augure pour l’avenir, puisqu’elle prospère et qu’elle est dans un état satisfaisant ; il est clair qu’elle prendrait d’autres accroissements, si elle était établie d’une manière stable et légale.

         Le village de Ste Anne peut se procurer une école primaire [privée ? mot presque illisible] et même publique. Les habitans près de St Goustan sont aux portes d’aurai.

         Dans cette affaire de haute importance pour la commune de Pluneret, les conseillers municipaux ont confiance que M Le Sous-préfet toujours plein d’équité ne permettra pas que leurs droits soient sacrifiés, ni leurs plus chers intérêts abandonnés ; il appuiera donc leur demande de toute son autorité.

         Le conseil a aussi délibéré au sujet d’un terrain dont fait mention la lettre de M Le Sous-préfet en date du 19 février. Or, ce terrain est tout simplement un commun au village de Ste Anne et est considéré jusqu’à présent comme place publique et propriété communale. Vu le grand concours de pèlerins qui affluent en été dans le village, il serait contraire à toutes les règles de police et de bon ordre, de vouloir rétrécir ce lieu qui est à peine suffisant pour la circulation des voitures. Tant pour ces raisons, que parce que ce terrain fait partie du domaine communale [sic], le conseil est d’avis de laisser le tout dans le même état et rejette toute demande de cession ou d’aliénation.

         Fait et arrêté en séance extraordinaire, au lieu ordinaire des délibérations. Le registre dûment signé.

 

 Pluneret 22 février 1846

   Cachet de la mairie, illisible.

 

                                   

         Source: les archives départementales à Vannes, cote 30 J 176


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[1] Turio ou Thuriaf ouThuriaff ou Thurial, Thurian, Thuriau, Thurien, Turial, Turian, Turiau, Turiaw, Turien, Urien, Urio

Prénom masculin - Fête le 13 juillet

   C'est dans le Morbihan (56), au plafond de l'église de la commune de Saint-Thuriau qu'est contée l'histoire de ce saint breton continental.
   Né à Lanvallon au 7ème siècle selon certaines sources, il aurait pu également venir au monde à Baulon selon d'autres.
   Quelqu' incertain que soit son lieu de naissance exact, nous savons en revanche que Turio, à l'enfance pieuse et studieuse fut pris en charge très tôt par l'évêque de Dol de l'époque qui lui fit dispenser une éducation qui le prédestinait à la prêtrise.
   A force d'études, Turio, qui selon l'improbable légende en raison de non-concordance de dates convertit le seigneur païen Riwallon ou Rivallon, devint à son tour quelques années plus tard, le titulaire de ce même évêché.
   Invoqué de nos jours contre la fièvre et la sécheresse, Turio est l'éponyme de diverses communes bretonnes telles que
Saint-Thurial en Ille-et-Vilaine (35), Saint-Thuriau dans le Morbihan (56) et le saint patron de celles de Plumergat ou encore Quintin.
   Ses reliques sont par ailleurs conservées à
Vannes et à Crach dans le Morbihan.
   Outre le fait d'avoir été un prénom largement répandu, celui-ci a donné nasissance au fil des siècles à de très nombreux dérivés orthographiques tant bretons que francisés. Nous trouvons ainsi Thuriaf, Thurial, Thurian, Thuriau, Thurien, Turial, Turian, Turiau, Turiaw, Turien, Urien, Urio

Source : http://www.anarvorig.com/prenoms_bretons